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21. oct.
2014
Actus
0

Burundi : l’histoire d’un bateau qui a perdu le nord

L’heure n’est pas loin de sonner le glas du système éducatif burundais. De l’école primaire à l’université, personne ne sait plus où elle va. 

BateauLes étudiants burundais, des universités publiques et privées, sont en grève depuis peu. La raison : ils ne comprennent, ni ne saisissent d’où vient et va le nouveau système LMD (Licence-Master-Doctorat). Pire, ils disent ne pas savoir ce que sera l’équivalent de leurs nouveaux diplômes. Mieux : au moins eux, ils peuvent crier, réclamer, grever, et leur voix peut encore retentir dans les oreilles de nos dirigeants.

A côté, des écoliers, innocents, qui ignorent ce qu’est « grever », sans Délégué Général ni Association Machin pour défendre leur cause, dans une nouvelle moule : l’Ecole Fondamentale. Un système dont les programmes tiennent compte de la réalité de l’Afrique, oui, avec comme innovation l’entrepreneuriat. On avait longtemps tiré à boulets rouge sur ces anciens programmes qui datent de la période coloniale dont l’un des objectifs était de former des bureaucrates, qui vivent à longueur de journée moulés dans des costumes cravates. Le Burundi, pour ne pas dire l’Afrique entière, en avait visiblement assez.

Ironie du sort

Malheureusement les désapprobations fusent de partout pour dénoncer « un système qui arrive peut-être au mauvais moment et qui vient sacrifier toute une génération qui sert aujourd’hui de cobaye parce que mal pensé». Sinon que dire de ce manque criant d’enseignants, d’instituteurs qui dispensent des leçons dont ils n’ont jamais appris eux-mêmes à l’instar de l’anglais et du swahili, de ces locaux dont la qualité laisse à désirer dépourvus de tout matériel didactique ?

Bref, un système éducatif paralysé « de la tête aux pieds », avec des universitaires qui ignorent complètement la destination de ce nouveau train dans lequel on les embarque. Derrière eux, des écoliers jetés dans une machine dont le contrôle de la manette semble échapper complètement à son maître.

Voici donc un bateau qui a perdu le nord avec un capitaine qui ne sait visiblement plus quoi faire. Dire que l’heure est grave pour le système éducatif burundais n’a rien d’un scoop. Par contre, exposer la soif d’avoir un nouveau maître capable de redresser la barque peut en être un.

 

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16. oct.
2014
Actus
1

Je ne sais plus quoi dire !

L’équipe gouvernementale du Burundi est en retraite dans la province de Gitega (centre du pays) depuis ce jeudi 16 octobre 2014 pour parler, réfléchir, échanger sur « la lutte contre la corruption ».

Le gouvernement du Burundi.
Le gouvernement du Burundi.

Quelle cause ô combien noble ! A ceux qui ignorent les réalités du Burundi, il est parmi le top five des pays les plus corrompus d’Afrique. Ici je n’ai pas grand-chose à dire. Je suis Burundais. Je vis les mêmes réalités que mes compatriotes. Bref, aucune leçon à donner.

Et en guise d’ouverture des travaux, voici le tweet de la présidence, pourtant plein de bonnes intentions, mais qui risque de provoquer le tollé général : « Nous voudrions réaffirmer que la lutte contre la corruption est 1 choix irréversible &le cheval de bataille pour le gouvernement ». Un statut également présent sur Facebook. Moi-même j’ai cliqué sur « partager ».
Comme convenu, je ne commente rien. Je vous donne les réactions de ces internautes, pliées en une ou deux lignes. Et vous aurez tout le topo. J’espère.

Olivier Blessing Umugisha : « Ça fait plaisir d’entendre à l’approche de 2015 ».

2015 étant le rendez-vous pour les prochaines élections.

Alfred Burimaso : « Que la retraite soit un succès. Plusieurs bandits en cravate; des kleptocrates freinent sensiblement le développement socio-économique de notre pays. Que des mesures soient formulées et mises en pratique en vue de les combattre ».

Ok. Vu les réactions, la messe est dite. Et je n’ajoute rien sauf rappeler une belle leçon que nous donnait tout récemment Jean François Bastin, journaliste belge de renom, aujourd’hui en retraite, sur ces ateliers, séminaires, retraites… qui font les délices des hôtels burundais sans résultats palpables : « Le séminaire est la meilleure façon d’échapper à la réalité et à la responsabilité, on y parle pour ne pas agir, on y remue des mots et du vent. Si ces milliers d’ateliers avaient eu la moindre utilité, le Burundi serait aujourd’hui le pays le mieux organisé du monde et tous les Burundais seraient heureux… »

Merci Bastin, et bonne chance au gouvernement du Burundi !

 

 

 

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13. oct.
2014
Actus
4

Combien coûte Gaza ?

Ce dimanche 12 octobre 2014, plus de cinquante dirigeants du monde entier étaient réunis au Caire en Egypte. Objet : Comment reconstruire Gaza. Mais en réalité, quoi qu’on fasse, Gaza ne sera plus comme avant.

Gaza en ruine.
Gaza en ruine.

« Ce qui ne s’achète pas avec de l’argent, s’achète avec beaucoup d’argent », nous rappelaient tout récemment ces marionnettes qui, visiblement, sont plus intelligentes et plus informées que leurs maîtres. Pour le moins, leurs leçons sont bien affûtées. Les grandes puissances semblent avoir fait de la formule leur credo. C’est celui qui a plus d’argent qui juge si tel Etat est démocratique ou pas, qui a le monopole de « bombarder pour imposer la paix », qui a le droit de veto au sein des Nations unies… Et ce dimanche 12 octobre, ils étaient tous réunis au Caire, leurs dollars et euros en poche pour voir « comment reconstruire Gaza ». Après les destructions, il faut reconstruire. Quoi de plus normal ?

Sauf que « Gaza détruite» n’est pas ces gratte-ciel effondrés, ces tunnels bombardés, mais plutôt ces 1900 vies anéanties par les missiles israéliens. J’aurais aimé être au Caire afin d’assister pour la première fois comment tarifer une vie humaine. Car si ce n’était pas l’objet de la conférence, ce qui s’y tramait risque d’être flou et fluide. Et l’oisiveté de la communauté internationale face à cette guerre fratricide perdra tout son sens.

Si ces euros et dollars ne peuvent pas payer ces vies perdues, ils n’ont qu’à s’investir pour mettre un terme à ce conflit dont les pertes ne sont jamais récupérables. Et pour la première fois, les guignols de l’info ont eu tort : ce qui ne s’achète pas avec de l’argent, peut ne pas aussi s’acheter avec beaucoup d’argent.

Tout de même, elles sont fortes ces figurines françaises. Reconnaissons-le !

 

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02. oct.
2014
Non classé
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RFI…vas-y mollo avec le Burundi hein?

Ma chère RFI, ces derniers temps, je vois que tu suis de très près l’actualité burundaise. Les cadavres de Rweru, les griefs de la jeunesse du parti présidentiel (Imbonerakure),…mais fais gaffe avec Kiliba-Ondes en RDC, tu risques de ne pas faire l’exception.

PS: Note à toi, lecteur : de nombreux commentaires sur cet article m’amènent à te préciser une chose : dans ce papier se cache beaucoup d’ironie.

L’empire du Congo ? C’est vaste, très vaste, complexe, difficile à maîtriser. Surtout ce Kiliba RFIOndes qui a envoyé en tôle pendant plus de trois mois celui qui est désormais une légende vivante pour la lutte des droits humains au Burundi, Pierre Claver Mbonimpa, libéré ce lundi 29 septembre. Il fallait que vous vous taisiez monsieur Mbonimpa. Il ne fallait pas parler du Congo. Surtout pas de Kiliba Ondes ni de ses mystères sur les entrainements militaires des jeunes burundais qui s’y dérouleraient. Ce ne sont pas les sujets qui manquaient : les prisonniers qui crèvent de faim, dont leurs dossiers pourrissent dans les tiroirs des magistrats, sans avocats pour plaider leurs causes, patati patata. Mais là franchement, vous avez ouvert la boîte de pandore!

Triste

Et comme nous n’apprenons rien du passé, Radio France Internationale vous emboîte le pas monsieur Mbonimpa. Triste ! Jusque-là ce n’était que des papiers signés au conditionnel. Aujourd’hui, elle parle des faits. Elle affirme tout. « Et pourtant, ils sont bien là, dans la plaine de la Ruzizi (Sud-Kivu), comme RFI a pu le constater ». Qui ? « Des hommes en armes et en uniformes militaires burundais », cimente l’article paru ce 1er octobre. Tout au présent de l’indicatif comme vous monsieur Mbonimpa avant votre arrestation.

Rappel

Et moi, je rappelle à la RFI qu’il n y a pas de justice à deux vitesse au Burundi. L’infraction étant la même-avoir parlé de Kiliba Ondes et affirmer que des militaires burundais s’y trouvent-le châtiment risque d’être aussi le même. Mais bof, tu te dis peut-être : « Je suis à Paris, on ne me fera rien ». Souviens-toi, Obama est à Washington, le parlement européen en Europe, et tu n’es pas plus fort, ni plus loin qu’eux. Et pourtant ils viennent d’essuyer tous deux une sacre leçon de la géographie ayant parlé du Burundi « qu’ils ne peuvent même pas situer sur la carte », du moins d’après le porte-parole du gouvernement burundais. Pardon ! Ça c’est l’Exécutif tandis que l’affaire Mbonimpa était dans les mains de la Justice. Et chez nous, la séparation des pouvoirs est de mise. C’est moi qui allais glisser. Mea culpa !

 

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22. sept.
2014
Actus
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Conflit libyen: France-USA, jouez aussi les pompiers !

charKadhafi est mort. Mais la Libye est restée là, tourmentée, brulée, déchirée par ses fils. Excepté ceux qui ont la mémoire courte, le monde entier se souvient de la campagne de mobilisation amorcée par les présidents américains et français, Barack Obama et Nicolas Sarkozy, en 2011 pour déchoir le « dieu » de la Libye. Qui n’a pas assisté à ce triste spectacle des drones américains s’acharnant sur les radars, les chars libyens ? Loin de moi l’idée de prendre la défense d’un dictateur qui a pris en otage le destin de tout un peuple pendant quarante ans. Mais quand l’heure des comptes sonnent, il faut savoir bien les solder.

Alors, qui n’a pas vu ces deux hommes défendre parfois l’indéfendable devant le Conseil de Sécurité des Nations Unies pour prouver qu’en Libye grouillent des ennemis qui menacent la paix et la sécurité internationale, qu’il faut à tout prix carboniser par leurs missiles ? Ils ont allumé le feu sur les Libyens au nom de la libération des mêmes Libyens. Y’avait-il une autre alternative ? Non, me direz-vous. Je suis d’accord. Kadhafi était en train de massacrer son propre peuple et il fallait intervenir. Mais fallait-il s’en arrêter là ?

Certes les drones américains et les rafales français ne sont plus là mais les Libyens, eux, continuent à mourir, aujourd’hui comme hier, par centaines voire milliers. Et quels mots entend-t-on des discours occidentaux ? « Envisager, préconiser, analyser,… » Mais sous Kadhafi c’était « agir, frapper,… ». Il n’y avait visiblement pas le temps d’analyser, de préconiser ni d’envisager.

Le minimum aurait été de donner raison à Tiken Jah Fakoly : jouer les pompiers après avoir allumé le feu.

L’idée n’est pas panafricaniste mais mérite réflexion.

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19. sept.
2014
Actus
3

Seul Mugabe peut gouverner la France

Mal tombée. La quatrième conférence de presse du président français ce 18 septembre 2014 intervient dans un climat social lourd. Problème de François ou des Français ?

François Hollande hier devant 350 journalistes
François Hollande le 18 septembre 2014 devant 350 journalistes.

S’agit-il d’un mauvais président ou d’un peuple ingrat ? Ou tout simplement les deux ? Je suis toujours sidéré par cette France et les jérémiades de ceux qui l’habitent. Il n’y a pas plus de deux ans, ceux qui chantaient  » hosanna « à Hollande pour mettre à la porte Sarkozy, sont les mêmes qui crient aujourd’hui « crucifie-le ! ». Mais attends ! Deux ans ? Chers Français…

Ok. Je suis Africain et de toute façon de votre politique je n’y vois que des étincelles. Et d’ailleurs, chez nous en Afrique, vous aurez beau crier, pleurer, dénoncer, manifester, mais déboulonner le chef d’Etat de son fauteuil, il faut parfois d’abord lui laisser quelques décennies. Demandez aux Zimbabwéens, Camerounais, Burkinabè…

Pour tout vous dire, il vous faut une très belle leçon de patience. Car, chers Français, ne me dites que vouloir changer de président à moins de deux ans de la fin du mandat est une preuve d’incarnation des valeurs démocratiques. Et comme suggestion, Mugabe à l’Elysée, l’ayant d’abord plus que réussi chez lui, saurait bien comment vous rendre dociles ne fût-ce que pour vous apprendre comment tenir jusqu’à la fin. Sinon, François Hollande risque de larguer les amarres avant l’échéance malgré son pari d’hier devant cet essaim de journalistes qui étaient prêts à exploiter le moindre lapsus : « Je ferai mon mandat pleinement, complètement, sans même me préoccuper de ma popularité qui est dans l’état que vous connaissez ».

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16. sept.
2014
Actus
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Pourquoi je soutiens la candidature de Pierre Buyoya à la tête de l’OIF

C’est peut-être celui qui va succéder à Abdou Diouf. L’ancien président burundais Pierre Buyoya brigue la tête de la prestigieuse Organisation internationale de la Francophonie. Mais dans son pays d’origine, l’opinion est loin d’être unanime sur le soutien de sa candidature.

Pierre Buyoya au studio de RFI
Pierre Buyoya au studio de RFI

Le débat fait rage chez nous, au Burundi depuis que Pierre Buyoya brigue la tête  de l’OIF. Alors que l’ancien chef d’Etat burundais fait le tour du monde pour défendre sa candidature, deux camps se démarquent dans son pays d’origine. Les « pour » et les « contre ». Chacun y va de son argument, défend sa position et tente de la faire avaler à ses amis. Visiblement, personne n’a totalement raison, ni tort d’ailleurs. Intéressant non ? C’est l’un des acquis du Burundi : le débat démocratique et la liberté d’expression.

Les camps

Revenons sur les positions des uns et des autres. D’abord ceux qui rejettent sa candidature. Ils sont nombreux et certains n’ont pas la langue dans leur poche. La dernière intervention qui vient de provoquer un tollé général est celle de la nommée « maman nationale », Maggy, la fondatrice de la Maison Shalom. Elle n’a pas fait de concession et y est allée tout droit : « Pierre Buyoya devrait plutôt rester au Burundi et nous expliquer comment les évènements se sont produits. Il y a eu tellement de morts, et il n’a rien dit ! », lançait récemment tout net, la dame de fer, sur Radio France Internationale. Certains sont froissés par la teneur des mots utilisés. « Elle est allée trop loin », murmurent-ils. Mais au-delà de la réserve, caractère cher aux Burundais, une question se pose : n’aurait-elle pas exprimé tout haut ce que d’autres pensent tout bas ?

Les patriotes

En face, une autre opinion. Ceux qui soutiennent la candidature de P Buyoya. En tête, le gouvernement du Burundi. Fer de lance de leurs arguments, le patriotisme. « Les chicaneries internes c’est pour la maison ! Dans le concert des nations, nous restons unis et parlons d’une même voix», justifient-ils.

Et moi ?

Quel Burundais resterait de marbre ? Un compatriote veut briguer la tête de l’une des grandes institutions internationales. Ce n’est pas fréquent. C’est peut-être une aubaine pour le Burundi de faire parler de lui, de (re)faire surface sur la scène internationale après tant d’années de guerre. En plus, le candidat vient de faire ses preuves dans différentes organisations (UA, OIF…) qu’il a servies efficacement. Il a honoré le pays. Le reste, gardons la présomption d’innocence comme garde-fou. Bref, je le soutiens fermement.

Mais il ne m’a pas totalement convaincu

Il n’y avait pas d’échappatoire possible. La question devrait et a dû lui être posée. « Monsieur le président, vous avez renversé le pouvoir deux fois, n’est-ce pas un handicap à votre candidature ? » Sa réponse, toute faite : « En Afrique, le problème n’est pas comment on accède au pouvoir, mais ce que tu en fais » Really ? Quel Africain ignore que l’un des grands problèmes majeurs du continent est le non-respect du jeu démocratique ? Faut-il encore rappeler les pertes matérielles, en vies humaines… Des pertes qui constituent les dommages collatéraux des hommes qui ont pris le pouvoir par la force.

Quoique, je reconnais ceci

Le pays garde, toutefois, un héritage en or massif de cet homme : ouverture du jeu démocratique dans les années 90, Accord de Paix d’Arusha en 2000 mettant fin à la guerre civile. Suis-je finalement en train de confirmer, sans le savoir, sa thèse selon laquelle ce qui importe est ce qu’on fait du pouvoir tout en se fichant du reste ? Non et non ! Seulement nous avons affaire à un homme le plus mystérieux de la planète. Le politique qui prend deux fois le fauteuil présidentiel par la force pour ensuite organiser les élections, accepte de négocier, et enfin céder, dans les conditions les plus démocratiques du monde, le pouvoir. Serait cela son atout majeur pour sa candidature ? Peut-être.

En tout cas, je ne peux que pour le moment lui souhaiter bonne chance. Le reste, attendons le 30 novembre.

 

 

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01. sept.
2014
Analyse
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Africains…où allez-vous comme ça ?

Je n’avais jamais évoqué ces jeunes qui périssent sur les rives occidentales à la recherche de lendemains meilleurs. Mon intervention est anachronique. J’avoue. Mais il fallait un petit recul. Un moment de réflexion. Echanger. Comprendre.

Des migrants clandestins tentent de franchir l'Europe
Des migrants clandestins tentent d’atteindre l’Europe

Dans les faits, l’Afrique reste le continent le plus touché par le chômage et le sous-emploi sur toute la planète. Mieux, ce sont les chiffres qui le disent, des chiffres de l’OIT qui font frissonner : sur les 75 millions jeunes chômeurs que comptait la planète en 2013, pas moins de 38 millions étaient Africains. Rien à redire. Sauf que le monde ne tourne pas uniquement grâce aux constats. Heureusement.

Il est des vérités qui échappent à la raison humaine et qui défient les lois de la nature. Quel Africain, jeune diplômé, ne s’est jamais heurté à cette phrase de celui en qui il voyait déjà son futur patron : « Désolé jeune homme. Ma boîte est pleine à craquer. Je pense même licencier certains de mes employés pour faire face aux charges devenues de plus en plus insupportables ». Dur à digérer n’est-ce pas ? Mais le patron a mille fois raison. Il doit protéger son entreprise et lui assurer la survie. Le jeune diplômé doit faire avec. C’est en Afrique. Il faut toquer ailleurs, implorer, persévérer, parfois reléguer aux oubliettes son diplôme et accepter n’importe quoi pour ne pas finir comme le jeune Tunisien, détonateur du « printemps arabe ».

Paradoxe

Le décor est planté. Telle est l’Afrique. Du moins, telle qu’elle nous est projetée, ou telle que nous la présentons souvent. Mais en réalité, l’Afrique n’est pas que ça. C’est aussi d’autres phénomènes parfois « troublants », défiant ces mauvais sorts qui semblent coller à la peau de la jeunesse africaine. Qui n’a jamais vu ces jeunes qui donnent l’impression d’être des aimants, qui, à la première entrevue avec le boss, ont déjà décroché leur contrat en poche ? PS : nous sommes toujours en Afrique !

Ce que j’ai compris

Sont-ils des heureux élus ? Des extra-terrestres ? Bien sûr que non ! Leur secret ? Demandez-leur un rendez-vous et échangez avec eux. En moins de cinq minutes vous aurez tout compris. Voici la grande conclusion que je tire à chaque fois que la chance me sourit de m’assoir avec ces oiseaux rares : ils ne se focalisent jamais sur les problèmes. Plutôt aux solutions. Ce sont des types qui, visiblement, sont faits pour relever les défis. Une vie normale, la routine, ne les intéresse pas. Seul un terrain hostile les attire.

Quand les autres s’empressent pour fouler Lampedusa au péril de leur vie, eux, ils savent que l’Afrique est leur terre promise. Ils ne regardent jamais la société pour pleurer avec elle, mais lui apporter des solutions. Quand ils se présentent devant un chef d’entreprise, ce n’est pas pour lui exposer leurs déboires de chômeur que personne n’a pratiquement pas envie d’écouter, mais pour amener leur pierre à l’édifice. Ils ne demandent jamais de l’emploi, ils apportent leurs services. La suite coule toute seule : aucun patron ne veut une charge de plus dans sa boîte, surtout en Afrique. Tout le monde est en quête de ces têtes qui font avancer les choses pour maximiser le rendement. Voilà où tout se joue, au niveau de la mentalité.

Facile de classifier alors : Etes-vous de ceux qui cherchent de l’emploi ou de ceux qui apportent leurs services ? Ce qui est garanti, la nature a toujours de la place pour ces derniers. Pour les premiers, pas si sûr.

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20. août
2014
Actus
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Yuan…Yes we take !

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Juste après Washington le président burundais Pierre Nkurunziza, s’est rendu en Chine où il a rencontré son homologue Xi Jinping. Une visite de six jours qui s’est soldée par une série d’accords de coopération bilatérale et des promesses de financement.

Les autres Chefs d’Etat africains se seraient fait avoir en rentrant directement chez eux après le sommet Etats-Unis/Afrique? Probablement. Pierre Nkurunziza, le président burundais, peut en être témoin. Quand ses homologues se concentraient sur la séance photo avec le couple présidentiel et la dernière poignée de main avec l’homme le plus puissant du monde, le président burundais rêvait déjà de la Chine.

Il n’a pas traîné les pieds. Et il avait raison. Juste après Washington, il s’est directement envolé pour Nanjing. Il fallait récupérer le temps perdu. Il fallait trouver des yuans à la place des dollars et des euros de plus en plus exigeants, tantôt demandant de respecter les droits de l’homme, tantôt obligeant de rester dans les strictes normes de la Constitution et  patati patata. Des contraintes pour des sommes dont on n’est même pas sûr que l’on pourra jouir en cas d’impossibilité de briguer un autre mandat pour leur déblocage.

Des résultats tintants

Stratégie politique oblige, les présidents africains auraient bien fait d’aller en visite en Chine qui est, pour eux, le premier pays de la liberté. Là, personne pour leur crier dessus, personne pour leur donner des leçons de gouvernance. Là, on parle affaires et rien qu’affaires. Et les résultats sont éloquents, tintants. Le 19 août 2014 après une visite de six jours, le Pierre Nkurunziza revient avec un don de 10 milliards de francs burundais (environ 6 millions de dollars). Sans oublier 1 milliard pour financer les élections de 2015, et 30 milliards comme prêt sans intérêt. Paf ! De quoi clouer au bec les Occidentaux qui se targuaient d’être les seuls détenteurs de sa destinée.

Et le message semble être clair. Si les Etats-Unis veulent vraiment conquérir le continent noir, ils n’ont qu’à mettre suffisamment la main à la poche et exiger moins en retour.

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Auteur·e

L'auteur: gilbertbukeyeneza
Armel-Gilbert Bukeyeneza, Burundais, né en 1987, journaliste de profession et économiste de formation. Cadet d’une famille de quatre enfants. Mordu du sport, je porte un grand intérêt aux sujets qui interpellent la jeunesse (éducation, culture,…).

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