Je ne sais plus quoi dire !

L’équipe gouvernementale du Burundi est en retraite dans la province de Gitega (centre du pays) depuis ce jeudi 16 octobre 2014 pour parler, réfléchir, échanger sur « la lutte contre la corruption ».

Le gouvernement du Burundi.

Le gouvernement du Burundi.

Quelle cause ô combien noble ! A ceux qui ignorent les réalités du Burundi, il est parmi le top five des pays les plus corrompus d’Afrique. Ici je n’ai pas grand-chose à dire. Je suis Burundais. Je vis les mêmes réalités que mes compatriotes. Bref, aucune leçon à donner.

Et en guise d’ouverture des travaux, voici le tweet de la présidence, pourtant plein de bonnes intentions, mais qui risque de provoquer le tollé général : « Nous voudrions réaffirmer que la lutte contre la corruption est 1 choix irréversible &le cheval de bataille pour le gouvernement ». Un statut également présent sur Facebook. Moi-même j’ai cliqué sur « partager ».
Comme convenu, je ne commente rien. Je vous donne les réactions de ces internautes, pliées en une ou deux lignes. Et vous aurez tout le topo. J’espère.

Olivier Blessing Umugisha : « Ça fait plaisir d’entendre à l’approche de 2015 ».

2015 étant le rendez-vous pour les prochaines élections.

Alfred Burimaso : « Que la retraite soit un succès. Plusieurs bandits en cravate; des kleptocrates freinent sensiblement le développement socio-économique de notre pays. Que des mesures soient formulées et mises en pratique en vue de les combattre ».

Ok. Vu les réactions, la messe est dite. Et je n’ajoute rien sauf rappeler une belle leçon que nous donnait tout récemment Jean François Bastin, journaliste belge de renom, aujourd’hui en retraite, sur ces ateliers, séminaires, retraites… qui font les délices des hôtels burundais sans résultats palpables : « Le séminaire est la meilleure façon d’échapper à la réalité et à la responsabilité, on y parle pour ne pas agir, on y remue des mots et du vent. Si ces milliers d’ateliers avaient eu la moindre utilité, le Burundi serait aujourd’hui le pays le mieux organisé du monde et tous les Burundais seraient heureux… »

Merci Bastin, et bonne chance au gouvernement du Burundi !

 

 

 

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gilbertbukeyeneza
Armel-Gilbert Bukeyeneza, Burundais, né en 1987, journaliste de profession et économiste de formation. Cadet d’une famille de quatre enfants. Mordu du sport, je porte un grand intérêt aux sujets qui interpellent la jeunesse (éducation, culture,…).

Une réflexion au sujet de « Je ne sais plus quoi dire ! »

  1. mandanyemandanye

     » « Le séminaire est la meilleure façon d’échapper à la réalité et à la responsabilité, on y parle pour ne pas agir, on y remue des mots et du vent. » Tellement vrai et c’est la triste réalite dans tous nos pays Africains. Yako

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