Moi je mange ça ! So what ?

DSCN5008Le « truc » n’a pas de nom en français. Il n’a jamais foulé le sol français pour être baptisé autrement. Les douanes et aéroports occidentaux seraient hostiles contre « ce prétendu aliment qui ne contient aucun élément nutritif » et l’obligeraient toujours à rebrousser chemin. Certains même seraient allés, confus devant cette recette si chère aux Burundais, jusqu’à l’assimiler à un explosif. Enfilée dans quelques feuilles de bananerais, la spécialité a de quoi faire douter les agents de sécurité habitués à déterrer la cocaïne et les bombes artisanales des valises suspectes. « Ubuswage », l’appelle-t-on. Et de quoi est-il fait ? Rien de spécial : le manioc uniquement. Quelques jours dans l’eau pour rendre le tubercule, mi-cuit mi-cru, beaucoup plus malléable et le faire perdre toute acidité, suivi d’une transformation en pâte et le tour est joué (à ne pas confondre avec la pâte de manioc faite à partir de la farine). Sauf qu’il y laisse également presque tout son fer et son amidon nécessaire pour la santé.
Plus qu’un aliment, un symbole culturel. Une identité. L’« ubuswage » reste l’aliment le plus consommé dans la plaine de l’Imbo, près du lac Tanganyika. L’accompagnement n’est pas n’importe lequel : le ndagala. Une espèce de poisson qu’on ne trouve que dans les eaux du Tanganyika sur toute la planète. Ah ! Autre exclusivité made in Burundi, cette fois-ci prisée sur le marché international. Une raison de plus pour vous faire saliver, vous voyageurs et touristes lors de votre passage dans ce petit pays au cœur d’Afrique.

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gilbertbukeyeneza
Armel-Gilbert Bukeyeneza, Burundais, né en 1987, journaliste de profession et économiste de formation. Cadet d’une famille de quatre enfants. Mordu du sport, je porte un grand intérêt aux sujets qui interpellent la jeunesse (éducation, culture,…).

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