Archives par étiquette : Pierre Nkurunziza

Yuan…Yes we take !

arton4935

 

Juste après Washington le président burundais Pierre Nkurunziza, s’est rendu en Chine où il a rencontré son homologue Xi Jinping. Une visite de six jours qui s’est soldée par une série d’accords de coopération bilatérale et des promesses de financement.

Les autres Chefs d’Etat africains se seraient fait avoir en rentrant directement chez eux après le sommet Etats-Unis/Afrique? Probablement. Pierre Nkurunziza, le président burundais, peut en être témoin. Quand ses homologues se concentraient sur la séance photo avec le couple présidentiel et la dernière poignée de main avec l’homme le plus puissant du monde, le président burundais rêvait déjà de la Chine.

Il n’a pas traîné les pieds. Et il avait raison. Juste après Washington, il s’est directement envolé pour Nanjing. Il fallait récupérer le temps perdu. Il fallait trouver des yuans à la place des dollars et des euros de plus en plus exigeants, tantôt demandant de respecter les droits de l’homme, tantôt obligeant de rester dans les strictes normes de la Constitution et  patati patata. Des contraintes pour des sommes dont on n’est même pas sûr que l’on pourra jouir en cas d’impossibilité de briguer un autre mandat pour leur déblocage.

Des résultats tintants

Stratégie politique oblige, les présidents africains auraient bien fait d’aller en visite en Chine qui est, pour eux, le premier pays de la liberté. Là, personne pour leur crier dessus, personne pour leur donner des leçons de gouvernance. Là, on parle affaires et rien qu’affaires. Et les résultats sont éloquents, tintants. Le 19 août 2014 après une visite de six jours, le Pierre Nkurunziza revient avec un don de 10 milliards de francs burundais (environ 6 millions de dollars). Sans oublier 1 milliard pour financer les élections de 2015, et 30 milliards comme prêt sans intérêt. Paf ! De quoi clouer au bec les Occidentaux qui se targuaient d’être les seuls détenteurs de sa destinée.

Et le message semble être clair. Si les Etats-Unis veulent vraiment conquérir le continent noir, ils n’ont qu’à mettre suffisamment la main à la poche et exiger moins en retour.

Sommet Etats-Unis/Afrique : ne vous laissez pas impressionner mon cher président

Perdu dans l’un des coins du Burundi, voici la lettre que j’envoie à mon président Pierre Nkurunziza qui est aux Etats-Unis à l’occasion d’un sommet historique.

Pierre Nkurunziza et John Kerry

Pierre Nkurunziza et John Kerry

Quand vous êtes parti, voici ce que certains Burundais ont dit : « Certainement que Barack Obama ou tout au moins le secrétaire d’Etat américain John Kerry va glisser un mot, en coulisse, à Pierre Nkurunziza sur ses intentions de briguer un troisième mandat ». Peut-être oui, peut-être non ! Qu’importe ? De toute façon vous n’êtes pas le seul devant la tentation, Monsieur le président.

Laissez-moi plutôt vous demander ceci. N’hésitez pas à regarder en face Barack Obama. Si jamais il vous parle de respect de la Constitution, j’espère qu’il ne le fera pas, parlez-lui de Gaza. S’il évoque le rétrécissement de l’espace démocratique, sortez-lui ses derniers aveux sur les cas de torture par ses services de renseignement après le 11-Septembre.
Il se peut que vous vous trouviez en position de faiblesse, n’hésitez pas de faire appel à vos homologues africains. Kagame est là, Paul Biya le vieux dinosaure du continent est également au rendez-vous. Vous êtes plus de cinquante face à un seul homme.

Bref, faites un bloc et négociez tous ensemble surtout pour ces accords d’échanges commerciaux. Formez les Etats-Unis d’Afrique face aux Etats-Unis d’Amérique. Malheureusement Mouammar Kadhafi le grand partisan du concept n’est plus. Et qui l’a tué ? Soit.

N’oubliez pas tout au moins de passer à Boston pour faire un petit coucou à cette Burundaise Fabiola Nizigama qui vient d’être primée par Obama pour sa promotion de la culture d’amarante. Pas seulement elle. Francine Niyonsaba, notre trésor en athlétisme, portée disparue dans les amphithéâtres américains. Dites-lui qu’elle manque à ses compatriotes et surtout révélez-lui que sa concurrente, la Kényane Eunice Sum, va l’effacer si elle ne revient pas vite sur la piste.

Du reste, j’espère que vous passez un excellent séjour au pays de l’oncle Sam.

Merci, Monsieur le président