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Burundi : l’histoire d’un bateau qui a perdu le nord

L’heure n’est pas loin de sonner le glas du système éducatif burundais. De l’école primaire à l’université, personne ne sait plus où elle va. 

BateauLes étudiants burundais, des universités publiques et privées, sont en grève depuis peu. La raison : ils ne comprennent, ni ne saisissent d’où vient et va le nouveau système LMD (Licence-Master-Doctorat). Pire, ils disent ne pas savoir ce que sera l’équivalent de leurs nouveaux diplômes. Mieux : au moins eux, ils peuvent crier, réclamer, grever, et leur voix peut encore retentir dans les oreilles de nos dirigeants.

A côté, des écoliers, innocents, qui ignorent ce qu’est « grever », sans Délégué Général ni Association Machin pour défendre leur cause, dans une nouvelle moule : l’Ecole Fondamentale. Un système dont les programmes tiennent compte de la réalité de l’Afrique, oui, avec comme innovation l’entrepreneuriat. On avait longtemps tiré à boulets rouge sur ces anciens programmes qui datent de la période coloniale dont l’un des objectifs était de former des bureaucrates, qui vivent à longueur de journée moulés dans des costumes cravates. Le Burundi, pour ne pas dire l’Afrique entière, en avait visiblement assez.

Ironie du sort

Malheureusement les désapprobations fusent de partout pour dénoncer « un système qui arrive peut-être au mauvais moment et qui vient sacrifier toute une génération qui sert aujourd’hui de cobaye parce que mal pensé». Sinon que dire de ce manque criant d’enseignants, d’instituteurs qui dispensent des leçons dont ils n’ont jamais appris eux-mêmes à l’instar de l’anglais et du swahili, de ces locaux dont la qualité laisse à désirer dépourvus de tout matériel didactique ?

Bref, un système éducatif paralysé « de la tête aux pieds », avec des universitaires qui ignorent complètement la destination de ce nouveau train dans lequel on les embarque. Derrière eux, des écoliers jetés dans une machine dont le contrôle de la manette semble échapper complètement à son maître.

Voici donc un bateau qui a perdu le nord avec un capitaine qui ne sait visiblement plus quoi faire. Dire que l’heure est grave pour le système éducatif burundais n’a rien d’un scoop. Par contre, exposer la soif d’avoir un nouveau maître capable de redresser la barque peut en être un.