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Ma lettre de félicitations à Robert Mugabe

Apres son discours à la Nation, Robert Mugabe chute suite à  une marche ratée

Après son discours à la Nation, Robert Mugabe chute après avoir raté une marche.

Sa Maj…plutôt Monsieur le président,

J’ai suivi avec attention les dernières tractations qui ont fini par vous porter à la tête de l’Union africaine. Contrairement aux mauvaises langues qui ne voient rien en vous que le despotisme, l’ivresse du pouvoir, moi j’ai décelé le talent de grand leader qui vous habite bien avant, quand je proposais aux Français de vous prendre comme alternative à François. Ils ne m’ont pas écouté et ils en font les frais. Certains ont fait grise mine, d’autres m’ont tout simplement pris pour un cinglé ne comprenant pas d’où je sortais une telle proposition. L’histoire vient de me donner raison. Vous avez mieux, toute l’Afrique Monsieur le président.

Quant à ceux qui ironisent sur votre récent pas raté pour finir en dégringolade, je vous assure que ce n’est autre que la jalousie de la presse. Une presse qui ne fait que scruter le moindre faux pas afin d’en faire une affaire d’Etat, le scandale de l’année…C’est d’ailleurs cette presse même que vous avez eu le courage et la sagesse d’empêcher de travailler librement dans votre pays pour limiter les dégâts.

Sinon, Monsieur. le président, s’il est des voix qui ne reconnaissent toujours pas vos prouesses en leadership, outre mon soutien, vous pouvez aussi compter sur les chefs d’Etat qui veulent s’offrir allègrement un troisième mandat cette année. Ils savent à l’avance ce que sera la position de l’Union africaine dont la direction vous est honorablement confiée.

Courage Monsieur le président !

Longue vie à Mugabe !

Vive l’Afrique !

Heureusement que je ne suis pas président !

Fauteuil présidentiel

Fauteuil présidentiel

Limpide: en Afrique, si l’on sait comment un président accède au pouvoir, seul Dieu peut dire de quelle porte sortira-t-il. Et notre continent regorge d’assez de patriotes pour cracher, éructer, vomir sur ces indéboulonnables qui s’incrustent à vie au pouvoir. Parfois le châtiment est fort. Kadhafi pourrait le témoigner. Mais on peut toujours poser la question à Blaise, Ali, Moubarak,…pour savoir ce qu’est se faire expectoré par son peuple explosant sous le joug de la dictature. Et visiblement, je suis le seul (et j’accuse le coup) à être l’avocat du diable.

Vous savez quoi ? Offrez-moi ce cortège des dizaines de voitures, bling-bling, alors que je n’avais rien au départ, puis venez me rappeler que je suis à la fin de mes mandats constitutionnels (tout en précisant que chez nous il n’y a que deux classes : les riches et les pauvres. Et pour être parmi ces premiers, il faut d’abord être politicien. C’est l’unique voie, apparemment). Chantez mon nom dans toutes les cérémonies, tel un dieu à qui on rend un culte, affichez mon portrait partout, même si je n’ai rien foutu de mon règne, et hasardez-vous à me demander d’organiser un scrutin transparent et inclusif, qui risque de me mettre à la porte. Offrez-moi une immunité, qui me protège de toutes les foudres de la Justice malgré les affaires louches de grande corruption, d’assassinat,…qui trainent derrière mon nom et présentez-vous pour me raconter ce blabla d’alternance politique, de respect des principes démocratiques. Hm ! Heureusement que je ne suis pas président ! Et puis, rappelez-vous : tout le monde n’est pas Sankara, encore moins Mandela.

 

J’ai fait un rêve : j’étais président !

Dans ma langue maternelle, le kirundi, le titre se traduit ainsi : Naraye ndarota ndi perezida !

1990446_cortege-sarkozyQuelle folie ? Moi, président, président de la République ! Quoi ! J’hallucine ? Non, je rêvais. Heureusement. Mais quel cauchemar au juste ? Une nuit burlesque, chargée, bourrée de fictions pourtant inspirées de la réalité, peut-être. Naturellement ça faisait des années sans commettre une bourde pareille. Rêver de la façon…me retrouver les poches pleines de billets de banque alors que je n’ai même pas un compte bancaire. Oôô… enfance quand tu nous tiens ! Ne me dites pas que je suis seul à avoir joué les Bill Gates pendant le sommeil pour me retrouver le matin, hélas, dépourvu d’un seul billet de cinquante francs bu (environ 1 centime d’euro) pour me faire ne serait-ce qu’un chewing-gum.

Et cette fois-ci, ma folie avait franchi le Rubicon. Me voici au palais (je sais même pas comment je me suis retrouvé là). Bâton de commandement au creux de ma main droite, accueillant hôtes de marque, dirigeant le Conseil des ministres, m’offrant quelques voyages, réprimant parfois les voix discordantes qui torpillent mon action tels les médias et la société civile… le quotidien d’un président quoi ! U’see ?

Quitter ou rester ?

Jusque-là, je me la coulais douce. Mais les années passaient, se succédaient, les unes après les autres. J’étais un président, mais pas un roi. La fin de mes mandats approchait. Je devrais lâcher, oui, quitter le pouvoir. C’était dur. Très dur. Je devrais faire un choix. Mon dilemme, ma situation finalement très inconfortable, faisait la Une des journaux, ma tête, qui faisait la tête, caricaturée. Mais je continuais à résister. Et pourtant mon intérieur n’arrêtait de souffler par une voix douce, inévitable et irréductible, le plus gênant des conseils : « Se maintenir au pouvoir, violant ainsi la Constitution sur la limitation des mandats, va certainement détruire les fondements de la démocratie pourtant acquis au prix du sang de mes compatriotes ». De l’autre côté, les sirènes du pouvoir sifflaient très fort m’appelant à m’accrocher. Pire, mon entourage avait tellement gaffé que quitter comme ça allait signer la fin de la récré pour enfin comparaître devant la Justice.

Mais il fallait faire un choix. Quitter ou rester ? Malheureusement mon réveil sonna, je me suis levé d’un bond, et l’histoire s’arrêta. Hélas…

P.S : Je n’ai jamais su pour quel pays j’étais président. Peut-être mon pays le Burundi, ou le Rwanda je ne sais pas, ou encore du Congo-Brazzaville… Tous étant dans la situation décrite. Mais bof…ce sont les aléas des rêves.

 

Africains…où allez-vous comme ça ?

Je n’avais jamais évoqué ces jeunes qui périssent sur les rives occidentales à la recherche de lendemains meilleurs. Mon intervention est anachronique. J’avoue. Mais il fallait un petit recul. Un moment de réflexion. Echanger. Comprendre.

Des migrants clandestins tentent de franchir l'Europe

Des migrants clandestins tentent d’atteindre l’Europe

Dans les faits, l’Afrique reste le continent le plus touché par le chômage et le sous-emploi sur toute la planète. Mieux, ce sont les chiffres qui le disent, des chiffres de l’OIT qui font frissonner : sur les 75 millions jeunes chômeurs que comptait la planète en 2013, pas moins de 38 millions étaient Africains. Rien à redire. Sauf que le monde ne tourne pas uniquement grâce aux constats. Heureusement.

Il est des vérités qui échappent à la raison humaine et qui défient les lois de la nature. Quel Africain, jeune diplômé, ne s’est jamais heurté à cette phrase de celui en qui il voyait déjà son futur patron : « Désolé jeune homme. Ma boîte est pleine à craquer. Je pense même licencier certains de mes employés pour faire face aux charges devenues de plus en plus insupportables ». Dur à digérer n’est-ce pas ? Mais le patron a mille fois raison. Il doit protéger son entreprise et lui assurer la survie. Le jeune diplômé doit faire avec. C’est en Afrique. Il faut toquer ailleurs, implorer, persévérer, parfois reléguer aux oubliettes son diplôme et accepter n’importe quoi pour ne pas finir comme le jeune Tunisien, détonateur du « printemps arabe ».

Paradoxe

Le décor est planté. Telle est l’Afrique. Du moins, telle qu’elle nous est projetée, ou telle que nous la présentons souvent. Mais en réalité, l’Afrique n’est pas que ça. C’est aussi d’autres phénomènes parfois « troublants », défiant ces mauvais sorts qui semblent coller à la peau de la jeunesse africaine. Qui n’a jamais vu ces jeunes qui donnent l’impression d’être des aimants, qui, à la première entrevue avec le boss, ont déjà décroché leur contrat en poche ? PS : nous sommes toujours en Afrique !

Ce que j’ai compris

Sont-ils des heureux élus ? Des extra-terrestres ? Bien sûr que non ! Leur secret ? Demandez-leur un rendez-vous et échangez avec eux. En moins de cinq minutes vous aurez tout compris. Voici la grande conclusion que je tire à chaque fois que la chance me sourit de m’assoir avec ces oiseaux rares : ils ne se focalisent jamais sur les problèmes. Plutôt aux solutions. Ce sont des types qui, visiblement, sont faits pour relever les défis. Une vie normale, la routine, ne les intéresse pas. Seul un terrain hostile les attire.

Quand les autres s’empressent pour fouler Lampedusa au péril de leur vie, eux, ils savent que l’Afrique est leur terre promise. Ils ne regardent jamais la société pour pleurer avec elle, mais lui apporter des solutions. Quand ils se présentent devant un chef d’entreprise, ce n’est pas pour lui exposer leurs déboires de chômeur que personne n’a pratiquement pas envie d’écouter, mais pour amener leur pierre à l’édifice. Ils ne demandent jamais de l’emploi, ils apportent leurs services. La suite coule toute seule : aucun patron ne veut une charge de plus dans sa boîte, surtout en Afrique. Tout le monde est en quête de ces têtes qui font avancer les choses pour maximiser le rendement. Voilà où tout se joue, au niveau de la mentalité.

Facile de classifier alors : Etes-vous de ceux qui cherchent de l’emploi ou de ceux qui apportent leurs services ? Ce qui est garanti, la nature a toujours de la place pour ces derniers. Pour les premiers, pas si sûr.

Yuan…Yes we take !

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Juste après Washington le président burundais Pierre Nkurunziza, s’est rendu en Chine où il a rencontré son homologue Xi Jinping. Une visite de six jours qui s’est soldée par une série d’accords de coopération bilatérale et des promesses de financement.

Les autres Chefs d’Etat africains se seraient fait avoir en rentrant directement chez eux après le sommet Etats-Unis/Afrique? Probablement. Pierre Nkurunziza, le président burundais, peut en être témoin. Quand ses homologues se concentraient sur la séance photo avec le couple présidentiel et la dernière poignée de main avec l’homme le plus puissant du monde, le président burundais rêvait déjà de la Chine.

Il n’a pas traîné les pieds. Et il avait raison. Juste après Washington, il s’est directement envolé pour Nanjing. Il fallait récupérer le temps perdu. Il fallait trouver des yuans à la place des dollars et des euros de plus en plus exigeants, tantôt demandant de respecter les droits de l’homme, tantôt obligeant de rester dans les strictes normes de la Constitution et  patati patata. Des contraintes pour des sommes dont on n’est même pas sûr que l’on pourra jouir en cas d’impossibilité de briguer un autre mandat pour leur déblocage.

Des résultats tintants

Stratégie politique oblige, les présidents africains auraient bien fait d’aller en visite en Chine qui est, pour eux, le premier pays de la liberté. Là, personne pour leur crier dessus, personne pour leur donner des leçons de gouvernance. Là, on parle affaires et rien qu’affaires. Et les résultats sont éloquents, tintants. Le 19 août 2014 après une visite de six jours, le Pierre Nkurunziza revient avec un don de 10 milliards de francs burundais (environ 6 millions de dollars). Sans oublier 1 milliard pour financer les élections de 2015, et 30 milliards comme prêt sans intérêt. Paf ! De quoi clouer au bec les Occidentaux qui se targuaient d’être les seuls détenteurs de sa destinée.

Et le message semble être clair. Si les Etats-Unis veulent vraiment conquérir le continent noir, ils n’ont qu’à mettre suffisamment la main à la poche et exiger moins en retour.

CM 2014 : Franchement, pourquoi toujours l’Afrique ?

index« Qui n’avance pas recule », ai-je l’habitude d’entendre de la bouche des sages. Mais visiblement les Africains semblent faire la tête à ce conseil pourtant si puissant. En retour, ils n’arrêtent pas d’en faire les frais au grand prix. La preuve : cette coupe du monde qui fait la joie des peuples de tous les continents sauf, malheureusement, ceux de l’Afrique. L’histoire retient les exploits du Cameroun et récemment du Ghana qui, tous, sont parvenus en quart de finale de la compétition. Très loin non ? Le terrain vient de le prouver.
Voilà que ces nations viennent de se faire éliminer toutes en huitième de finale. Faut-il les en vouloir? Sportivement non ! Aucun de ces pays n’était favori que l’Espagne qui a subi la plus grande des humiliations de l’histoire de la Coupe du monde. Mais techniquement et du point de vue organisationnelle, les Africains ont de quoi s’enrager contre ces pays. Ce n’est pas un scoop : les Lions Indomptables, les Eléphants, les Supers Eagles et les Blacks Stars ont laissé filtrer le même signal avant leur élimination tel un complot digne d’un film hollywoodien : « le gouvernement a refusé de nous donner nos primes. Alors, nous n’entrons pas sur terrain », chantaient malheureusement, toute honte bue, ces joueurs africains devant les micros. Le Cameroun a failli même rester à la maison (il aurait fait mieux d’ailleurs). Jamais je n’ai entendu un autre pays d’un autre continent se laisser entacher par une telle honte. Une spécialité pour l’Afrique donc. Pourquoi? Manque de vision des autorités qui ne donnent pas le nécessaire à temps à leurs équipes ? Des joueurs qui ne savent vraiment pas ce qu’ils cherchent car après l’argent il y a l’honneur, la dignité nationale et du continent à défendre ? Aucune réponse !
Autre élément agaçant, très agaçant. Cette phrase qu’est devenue la chanson des supporters, des journalistes, même des joueurs parfois, commentant « nos » défaites: « l’équipe avait montré un bon jeu. Elle avait dominé le match ! » Ok ! Personne ne dit le contraire. Et pourtant elle a perdu. Pourquoi c’est toujours l’Afrique ? Le football c’est n’est pas le spectacle. C’est la victoire.
De grâce, épargnez-nous de ces idées farfelues pour se tirer d’affaire et ramenez-nous la victoire. Sinon l’Afrique restera le seul endroit au monde où on peut avoir le talent, les moyens, le bon jeu et, hélas, manquer les buts.