A Buja, nous avons tous raison

Embouteillage sur embouteillage. Les différentes artères de la capitale du Burundi sont inondées de voitures pendant certaines heures précises. Un vrai casse-tête. Au-delà des « nouveaux riches » qui font accroître le nombre de ces engins, un symptôme d’un grand cancer qui ronge nos âmes s’y cache.

 

En plein coeur de Buja

En plein coeur de Buja

Pointez-vous aux différents carrefours de Bujumbura le matin vers 8 heures, midi, et soir vers 18 heures, vous comprendrez une chose : tout le monde est pressé, et vous rentrerez avec un constat : tout le monde a raison. Une spécialité de Buja (Bujumbura pour ses fils et ses amis). Sinon que dire de ces dizaines de véhicules qui passent des heures à nous casser les tympans par des klaxons interminables, criant à qui veut les entendre, tentant de se frayer du chemin par tous les moyens, passant par les trottoirs des piétons, prêts à sauter faute de pouvoir dépasser, le respect du code de la route, ou plutôt le respect d’autrui, étant devenu une vieille histoire, démodée, digne que pour nos aïeuls.

L’iceberg

Ouais, c’est peut-être la partie visible d’un grand malaise, un désordre qui nous habite, nous hante, nous tourmente pour enfin exploser dans de petits détails qui passent parfois inaperçus. Je pointe cette pratique qui s’érige de plus en plus en une culture, cet égoïsme qui nous fouette tous quand on cherche à être servi en premier au guichet de la banque même si l’on est dernier à franchir la porte d’entrée.
C’est  cette loi du moindre effort qui nous guide quand nous faisons grise mine, jaloux, de voir notre collègue promu au boulot alors que nous sommes conscients qu’il fait mieux que nous.

J’épingle ce désordre qui se révèle dans certaines banalités : ces petits emballages de chewing-gum qui jonchent les rues malgré les poubelles publiques érigées dans pas mal d’endroits. Cette police, plutôt ces policiers-il ne faut pas globaliser-qui vendent les permis de conduire au lieu de faire passer le test aux futurs conducteurs, comme le dit la loi, afin de nous éviter cette cohue des véhicules qui ne savent plus lequel devrait passer en premier, bousillant ainsi notre temps.

Au final, c’est cet ego, cette médiocrité, ce manque de sagesse, ces calculs spéculateurs qui nous tordent, nous faisant tourner en rond, que je dénonce. Si seulement nous pouvions…Bujumbura serait…

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gilbertbukeyeneza
Armel-Gilbert Bukeyeneza, Burundais, né en 1987, journaliste de profession et économiste de formation. Cadet d’une famille de quatre enfants. Mordu du sport, je porte un grand intérêt aux sujets qui interpellent la jeunesse (éducation, culture,…).

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