Sommet Etats-Unis/Afrique : ne vous laissez pas impressionner mon cher président

Perdu dans l’un des coins du Burundi, voici la lettre que j’envoie à mon président Pierre Nkurunziza qui est aux Etats-Unis à l’occasion d’un sommet historique.

Pierre Nkurunziza et John Kerry

Pierre Nkurunziza et John Kerry

Quand vous êtes parti, voici ce que certains Burundais ont dit : « Certainement que Barack Obama ou tout au moins le secrétaire d’Etat américain John Kerry va glisser un mot, en coulisse, à Pierre Nkurunziza sur ses intentions de briguer un troisième mandat ». Peut-être oui, peut-être non ! Qu’importe ? De toute façon vous n’êtes pas le seul devant la tentation, Monsieur le président.

Laissez-moi plutôt vous demander ceci. N’hésitez pas à regarder en face Barack Obama. Si jamais il vous parle de respect de la Constitution, j’espère qu’il ne le fera pas, parlez-lui de Gaza. S’il évoque le rétrécissement de l’espace démocratique, sortez-lui ses derniers aveux sur les cas de torture par ses services de renseignement après le 11-Septembre.
Il se peut que vous vous trouviez en position de faiblesse, n’hésitez pas de faire appel à vos homologues africains. Kagame est là, Paul Biya le vieux dinosaure du continent est également au rendez-vous. Vous êtes plus de cinquante face à un seul homme.

Bref, faites un bloc et négociez tous ensemble surtout pour ces accords d’échanges commerciaux. Formez les Etats-Unis d’Afrique face aux Etats-Unis d’Amérique. Malheureusement Mouammar Kadhafi le grand partisan du concept n’est plus. Et qui l’a tué ? Soit.

N’oubliez pas tout au moins de passer à Boston pour faire un petit coucou à cette Burundaise Fabiola Nizigama qui vient d’être primée par Obama pour sa promotion de la culture d’amarante. Pas seulement elle. Francine Niyonsaba, notre trésor en athlétisme, portée disparue dans les amphithéâtres américains. Dites-lui qu’elle manque à ses compatriotes et surtout révélez-lui que sa concurrente, la Kényane Eunice Sum, va l’effacer si elle ne revient pas vite sur la piste.

Du reste, j’espère que vous passez un excellent séjour au pays de l’oncle Sam.

Merci, Monsieur le président

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gilbertbukeyeneza
Armel-Gilbert Bukeyeneza, Burundais, né en 1987, journaliste de profession et économiste de formation. Cadet d’une famille de quatre enfants. Mordu du sport, je porte un grand intérêt aux sujets qui interpellent la jeunesse (éducation, culture,…).

5 réflexions au sujet de « Sommet Etats-Unis/Afrique : ne vous laissez pas impressionner mon cher président »

  1. cerjul.orchid

    Très bon commentaire, mais les africains n’ont pas besoin de conseil, venu d’ailleurs pour s’occuper de leurs problèmes internes. Ils suffit simplement qu’ils soient respectueux de la constitution qu’ils apprennent à respecter leurs élus, qu’ils soient moins corrompus qu’ils soient intègres, qu’ils ressemblent beaucoup à ce qu’on appelle la droiture, et l’Afrique se relèvera de tous les affronts qu’elle a subie, et qu’elle subie toujours. Sinon comment penser qu’un continent qui disposent de toutes les richesses inimaginables, puissent être à la traîne des autres pays, et sans cesse entrain de quémander à droite et à gauche pour son développement. Ou sont les têtes pensantes de ce pays. C’est à croire qu’ils marchent tous et toutes avec leurs pieds, et non avec leurs têtes. Car c’est l’ensemble qui fait l’homme. Mais malheureusement on constate, que la plupart des africains, surtout leurs dirigeants sont la tête en bas, et les pieds en l’air. Je souhaite à cette jeunesse, qui bientôt sera en mesure d’assurer la relève, de ne pas commettre les erreurs de leurs prédécesseurs, et surtout d’avoir confiance dans leur pays, ce n’est qu’à ce prix, qu’ils pourront atteindre l’expansion économique, qui fait tant défaut à ce continent. Sinon comme on dit dans mon pays Plis fos.

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    1. gilbertbukeyenezagilbertbukeyeneza Auteur de l’article

      cerjul.orchid,

      Je vais juste commenter un point que tu viens de soulever. L’espoir que les jeunes pourront relever l’Afrique, ce qui semble avoir été un grosse montagne pour nos pères. Oui tu as raison a 100%. Mais il ne faudrait pas que cette jeunesse tombe dans un gros piège auquel plusieurs n’ont pas pu échapper malheureusement. Celui de critiquer leurs pères. Je le vois souvent. Chez nous au Burundi on se plait a critiquer, critiquer, ceux qui ont dirigé le pays durant ces cinquante dernières années. Si on n’est pas apte de déceler un point positif chez quelqu’un, il est très très difficile qu’on soit capable de faire mieux que lui. Inspirons nous de leurs réussites(petites soient-elles), et apprenons de leurs erreurs. Merci

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